La victime et le bourreau

Les yeux sur une table comptant les poussières du passé.

Des mains bringuebalantes sur le long d’un corps inerte.

Les sourires sont morts par la faute d’une insoutenable vérité.

Dans la pièce qui prend des airs de cercueil des réponses attendent.

Les yeux sur un bourreau, il compte les victimes du passé.

Des mains accusateurs tremblent d’incompréhension.

Le sourire est mort par un insoutenable génocide.

Dans la pièce vole une perplexité que la chaleur fait suer,

Face à face, la honte et le chagrin s’affrontent.

L’un parle d’endoctrinement, l’autre d’injustice.

L’un a créé des mensonges pour le bien de ses idées,

L’autre a vu l’idée de sa mort passer tout prêt de sa nuque.

Pour celui qui jouit d’une honte indéfinissable,

Il s’évertue à vivre dans la recherche d’une excuse qui ne vient pas.

Celui qui clame à l’injustice dans des sanglots rouges,

Vit avec l’espoir passionné de recevoir ce qu’on appelle un pardon.

Les acteurs de la tragédie respirent le même air.

Le bourreau explique mais que peut- il expliquer.

Les fosses se remplissent comme l’histoire sait le faire.

Et des hommes passent avec leurs idéologies meurtrières.

L’éclipse se fait donc entre le bourreau et sa victime.

Elle ne dure qu’un court instant et puis le vent fait tout tourner.

La victime et le bourreau se retirent avec un océan de sang,

Dormir dans un lit qui à jamais ne connaît plus le sommeil.

La pièce se vide et laisse les poussières du passé,

Les couloirs ont laissé filer tant d’hommes et de femmes,

Plus rien n’existe dans cet immeuble mis à part des ombres,

S21 est une douleur, que moi enfant du lointain, je porte malgré tout.

LG Février 2010

Une quête (partie 4)

 

Dans le chemin que j’emprunte pour découvrir la vérité sur la liberté humaine, je croise l’esclavage qui met en lumière ma servitude de toujours. Je vois, assise sur un rocher rond, la dictature démocratique qui me donne la clairvoyance sur l’état de ce que nous sommes réellement, c’est-à-dire des chiens qui courent mais qui, au premier sifflement, reviennent fidèlement vers leurs maîtres. Au grand jour, je m’aperçois qu’il me faut goûter à toutes ces exigences pour exploiter pleinement la révolution qui m’apportera une liberté.

Tout homme a son supérieur. Démis de toute autorité des hommes qui exerçaient un pouvoir sur moi, je retire de mon cou la corde qui entravait mes désirs de liberté. Du coup, le caractère primitif du devoir envers une hiérarchie se réduit au néant, emportant avec lui la tentation d’incorporer la classe des puissants. Que me reste-t-il après ce ménage si ce n’est mon crayon et ma feuille blanche. Je me suis donné les moyens de prendre la route qui longe la falaise d’où je peux voir cet horizon qui me donne la folie des grandes étendues. Pourtant, une idée vient me gratter les chimères et je vois le bord de la falaise se rapprocher irrémédiablement. Mon indépendance de tout ordre n’efface pas les servitudes et ne me donne aucune liberté. Au contraire, mes nouvelles prétentions ont donné à ma vie la nécessité de résultat et je dois à moi-même la réussite de mes désirs. Il me faut donc prendre en considération la limite que peut avoir l’indépendance acquise et tenter de trouver le moyen d’initier ma personne à l’absolue vérité qui mène au véritable sens du mot liberté.

A force de lire la sagesse de ceux qui m’intriguent, une perception nouvelle prend naissance. A trop écrire, une vision s’illumine et me montre une nouvelle voie. La création de toute chose doit s’exercer dans un entraînement intensif. Mon indépendance toute nouvelle est une vérité qui joue avec l’adéquation que mon corps et mon esprit réclame dans un feu brûlant de vitalité. La limite de cette indépendance n’est en aucune manière un problème qui anéantit mes espérances d’accéder à ma liberté, elle est une pièce qui fait partie d’un puzzle pour lequel, je me dois une recherche éternelle. La passion qui habite mon cœur existe dans l’essence même de mon écriture et quel autre premier pas vers la liberté si se n’est de vivre ses passions. Personne ne me somme de le faire, mais ma passion me l’ordonne, mon choix aurait tout aussi bien pu se faire dans la multitude de mes envies.

J’ai signé un accord avec mes croyances et ma vie. Cela comprend la simplicité et ses béatitudes, l’inexistence des principes et le combat contre les préjugés. Tout ceci me pousse à penser que c’est dans cette direction que le puzzle de la liberté me sera dévoilé, Car il ne me suffit plus de la frôler, je la veux pour paradis.

La vérité a un prix qui se compte en temps mais aussi en jugement. La condition de mon existence apporte à mes théories une totale espérance et j’irrigue mes idées d’une eau douce où ne subsiste aucune attaque moribonde de cette société qui fabrique des images. Alors qu’un monde d’une puissance incommensurable va tenter de mettre à bât mon cheminement, je lègue mon avenir dans ces mots pour en faire le vaccin contre les épidémies de doctrine du bien pensant et du bien être. Ma vérité se tient dans ce que je veux être, un homme libre.

 

LG Février 2010

Une quête ( partie 3)

 

Que puis-je faire d’une liberté imaginaire qui n’entretient que mes espérances et qui expose les différences entre mes rêves et ma réalité ?

Mon tableau est celui d’un homme assis face à une feuille blanche, le crayon à la main et des idées plein la tête, soudain les quatre murs de la pièce se rabattent sur lui comme le signe d’un temps qui passe et d’une mort qui approche. Je vois ces murs se rapprocher comme le léopard s’approche de sa proie : au dernier moment, quand il est trop tard. Comment ne pas croire au sentiment de liberté pour supprimer ce tableau de l’inconscience, et quelle importance si celle-ci nous fait oublier qu’à toute histoire il existe une fin.

Je peux me fourvoyer dans les mots dans une absolue démence. Je me plonge dans des récits de toute sorte, dans des profondeurs océaniques. Toujours dans la quête de l’ultime manuscrit, de l’absolue réussite pour enfin ouvrir mes ailes à la face du monde. Que puis-je attendre d’une reconnaissance à grande échelle et dans quelle mesure me sentirai-je plus libre ? Je sens en moi monter des questions qui n’apportent que des migraines. Dans un tunnel où je cherche mon talent, j’entrevois ma solitude et mes doutes. Dans le noir, je tombe sur ce qui n’a pas de sens, ce qui ne peut se toucher et que la compréhension ignore.

Je vois dans la nature un lien existant vers la liberté. Celle-ci est ouverte à nos yeux et à nos délices, mais quel droit ai-je sur elle qui me permet d’en faire ma source pour être un homme libre. L’homme dans sa servitude pour la destruction de toute chose apporte sa cerise sur le gâteau de ma perplexité.

Dans une conclusion hâtive, il me vient à croire que ma liberté ne peut se faire que dans un lien étroit avec mes congénères et je dois en même temps faire face à leurs esprits criminels qui oppriment mon optimisme. Ce qui revient à dire que ma vie est une dualité entre mes envies et un fatalisme global. La force de cette dualité assombrit les rivages de ma liberté et souille cette eau qui se meurt à mes pieds.

Mes théories sont à l’image de ces forêts que l’on défriche. Les animaux reculent dans des espaces qui faiblissent et la végétation brûle dans les airs. Voilà pourquoi le duel qui m’habite a fait naître le sentiment mortel que l’on nomme la peur. Désespoir, désordre et impuissance sont des mots que j’écris à l’encre noir car l’utopie de mes désirs ressemble de plus en plus à ma pierre tombale. Le monde tel que je le connais a vu des siècles effleurer l’histoire de l’homme mais rien ne me fait voir que l’existence peut se faire dans une liberté absolue. Aucun système pas plus qu’une philosophie n’a résolu le problème de la liberté humaine.

Une quête (partie 2)

 

Je sens en moi une dualité naître des péripéties des années vécues. En effet, il m’arrive d’entrevoir l’ascension de mon contentement personnel vers une liberté individuelle, signe d’un bonheur intérieur, et la normalité passéiste propre à la loi de l’homme. Cette opposition s’affronte dans une guerre impitoyable et dévastatrice. Dans la tourmente intellectuelle, je me refuse de choisir un camp, je m’interdis tout favoritisme et j’ignore le vainqueur. Je sais, avant le résultat final, que des rêves vont perdre la tête sous la lame d’une guillotine. Quelle folie me pousse à croire que tout se meurt dans l’effervescence d’un acte irréversible, la pensée qui se restreint à croire qu’il n’existe qu’un chemin est la preuve de ma naïveté qui m’assombrit dans la simplicité des choses environnantes. C’est dans ce raisonnement que ma quête de la vérité prend une ampleur expérimentale, la conscience soigneusement attelée aux idées que j’engrange. Ma dualité fait exploser des obus à chaque mot fin d’un livre. Aucun traité de paix ne peut exister et je conçois, dans une faible lueur, le tiraillement perpétuel de ces cimetières où j’enterrerais des idées.

Un lecteur quelconque ne peut se satisfaire de ces mots qui n’expliquent rien. Il faut outrepasser les déraisons de mon esprit et exposer, autant que possible, des fenêtres qui donnent sur des espaces où le rêve s’accouple avec l’évasion. J’invite tous mes frère, c’est-à-dire tous les hommes qui pensent que des espaces existent sans aucune désolation ni amertume, à venir cueillir les fleurs de la liberté.

Personne ne peut comptabiliser toutes les définitions du mot liberté. Aucune évidence ne permet d’accroître une vérité plutôt qu’une autre. L’individualité de l’être apporte un semblant de réponse, c’est dans son imprévisibilité d’acte que l’on entrevoit la vraisemblance dans toute origine et que l’on appel destin. Je peux, dans une histoire imaginaire, faire marcher un personnage dans une rue, le faire tourner à droite ou le faire tourner à gauche. Voilà un mouvement d’une existence libertaire qui se résume dans le choix simple et imperturbable car un choix qui se prend dans un acte de liberté se fait dans l’évidence.

Une quête (partie 1)

  Je suis rempli de naïveté qui éblouit mes actions d’insouciance car la connaissance inexacte de l’humanité n’est rien d’autre qu’un homme qui est resté un enfant. L’éducation alternée ne m’a laissé que des miettes que ma jeunesse a grignotées à grandes bouffées. L’estomac de la connaissance, avide de tout et pour tous, s’agrandit à chaque élément ajouté. Voila pourquoi je mange le monde et ses habitants. J’apprivoise ce que je digère pour dicter mon évolution dans des profondeurs inattendues. Il est des faims qui n’auront aucune fin.

 Ce que je sais, se tient dans une main qui tourne des pages. Tous ces instants de silence spirituel qui s’accaparent mes yeux ont le privilège de faire grandir un homme. Il arrive que l’ennui démonte les joies et les ravissement mais quand la jouissance d’une idée qui se fait acquisition trône sous mes cils, je deviens un être puissant. Tout est éphémère et une idée n’est nouvelle que sur l’instant, le lendemain, elle est déjà rangée dans la désillusion.

 La frustration devient alors le poids que je porte au pied.

 Devant un écran, je suis dans l’eau, nageant dans un océan. Devant cet écran, la simplicité se transforme en poésie. Dans l’écran, mon cerveau écoule des mots tels que patriotisme, peur, incroyance, injustice, mort et amour. Au delà de l’écran, une fleur des quatre saisons de la vie aromatise d’ivresse mes sens de la félicité.

 Dans l’excentricité de mes œuvres, il me faut convier les mauvais esprits qui hantent tout homme qui se préoccupe un tant soit peu de l’existence même de tout ceci. Le bien et le mal doivent-ils être définis de manière générale ? Il convient de dire non. Les injustices sont-elles des fatalités que l’esprit humain crée ? Il m’apparaît d’une évidence implacable que tous vont dans ce sens. Faut-il encore se hasarder sur l’existence de l’homme et de son but ? Illusoire réponse, le temps me manque et l’intérêt aussi.

Kerusten

Précieuse félicitée que ce lieu.

Des champs chancelants

Délivrent nos envies de courir.

A perte de vue, à en perdre le souffle.

Le jardin s’offre au baladin.

Le pas fin et le parfum,

On pénètre dans une fenêtre du plaisir.

La rose qui n’est pas prose

Se donne en automne.

Une sérénade siffle une sonate,

Mes oreilles s’émerveillent.

Marchant sur ces feuilles qui s’effeuillent,

Je contemple le temple du silence.

Une attitude de béatitude

S’immisce dans les interstices de mes délices.

Poussif jusqu’à mes récifs,

Je tombe et je succombe.

J’écume mon amertume,

Sur un oasis de poésie,

Sur le haut, un au revoir se fait écho,

Traînant un passé trépassé,

Je m’agglutine une dernière fois et je butine,

Remplissant mon cœur d’une œuvre unique,

Dans une nature qui m’épure,

Je prends mon envol vers d’autres oboles,

Avec la conscience qui ne se fait qu’insouciance,

Que Kerusten fut l’offrande du hasard,

Qui n’existe que peu dans notre existence.

LG janvier 2010

Je sculpte

 

Je sculpte la fissure

Ce qui n’est pas encore mort, et qui ce arrive demain.

Je sculpte ma hargne,

Celle qui s’enfuit et celle qui déborde.

Je sculpte mon ivresse,

Celui qui se verse et celle qui me berce.

Laisse moi te voir, laisse moi te sculpter.

Je sculpte tes rêves,

Ceux qui n’existent pas, ceux qui te rongent,

Je sculpte ta vie,

Ton irréalité et ton cœur déjà mort.

Je sculpte tes passions,

Un orage sans foudre et sans pluie.

Laisse moi finir les perspectives,

Je sculpte tes amis,

Dans les absences et dans les fuites,

Je sculpte ce qui viendra plus tard,

Qui n’est pas dans l’horizon,

Je sculpte ta chair,

Ce qui est biscornu, qui ne se voit pas,

Je sculpte tes cauchemars,

Tes peurs et tes utopies,

Je sculpte tes printemps,

Pour ne plus voir tes hivers,

Pour se rappeler de tes étés.

Je sculpte à en perdre haleine,

Jusqu’à ma mort, jusqu’à la tienne,

Je sculpte un accouchement,

Celui qui naît le matin et qui se meurt le soir,

Je sculpte la misère,

Celle qui se montre et qui écœure,

Je sculpte des hommes,

Ceux qui montrent des chemins,

Ceux qui accaparent mon esprit,

Je sculpte mon amour,

Celle qui ne peut se montrer,

Celle qui ne se sculpte pas,

Je sculpte son cœur,

Alors dans l’atelier d’un maigre artiste,

Je dépose mes armes,

Mon chef d’œuvre devant moi.

LG janvier 2010

Une révolution en deuil

 

Cela fait dix ans que ça s’est passé. Un événement d’une ampleur gigantesque qui a changé ma vie à jamais.

C’était un soir de janvier. L’hiver tenait son rôle et le froid gelait mes os. Sur un parking, une cigarette se consumait entre mes doigts. Je regardais les gens passer. Un par un, j’observais leurs visages, leurs attitudes, leurs expressions. Savaient-ils que trois heures après, ils ne seraient plus comme avant ? Ils entraient comme si de rien n’était, ils entraient avec la curiosité sous le bras, ils pénétraient dans l’inconnu. Moi-même, je ne savais pas ce qui m’attendait. Je voulais juste, en entrant dans ce bâtiment, passer un bon moment. Je me laissais engloutir dans cette foule et pas à pas, je marchais vers la grande salle.

Des fauteuils rouges pour les gradins et au sol, des chaises blanches inconfortables et hideuses avaient été placées dans un alignement parfait. C’est sur l’une de celles-ci que je pris place. Je gardais mon manteau, le froid s’était invité dans la salle et sur ma chaise blanche, j’attendais que les lumières s’éteignent, ce moment où le noir fait apparaître des centaines d’ombres et où l’on sait que tout va commencer. Seconde après seconde, la salle se remplissait, minute après minute, les chaises et les fauteuils étaient pris d’assaut. Ca chuchotait, ça discutait, quelques hurlements, des tapements de mains se firent entendre, et puis les lumières disparurent et un silence extraordinaire prit vie.

Sur la scène, des personnages entrèrent en piste, ils attrapèrent leurs instruments et engagèrent les premières notes. Sur le devant, un micro attendait avec un tabouret de comptoir. Quand la musique se fut appropriée chaque recoin de la salle, il apparut en gesticulant les jambes, frappant des mains, faisant signe aux gens de se lever. Le micro dans les mains, il entama un « Allo Paris » avec la rage d’un homme qui sonne la charge vers un ennemi. Mes jambes n’en pouvaient plus de gigotement, assis sur une chaise qui, déjà, me semblait superflue. Au bout de trois chansons enchaînées avec une douce ivresse, il s’adressa à nous. Des mots qui, à jamais, sont inscrit dans ma mémoire. « Quand je suis venu dans la salle, j’ai vu des chaises ». Il avait prononcé ces derniers mots avec un étonnement volontairement poussé à l’extrême. A ce moment précis, la soirée changea de route. Plus rien n’existait du monde extérieur, la vie de centaines de personnes entra dans une douce folie. Les gradins se vidèrent et la foule afflua vers le devant de la scène. Transcendé par la force des mots de ce grand individu, je grimpai sur ma chaise. Debout, je ne contrôlais plus aucun de mes gestes. Je jouissais de cette anarchie naissante et, le poing levé, je chantai les paroles de sa chanson. Tout se passa très vite et les organisateurs prirent peur pour leurs chaises et se précipitèrent dans la panique pour les retirer. « Au 128 de la rue de Saint Denis, on espère pas, on oublie ». Il enchaînait les titres avec une énergie totalement déboussolante. La sueur coulait comme dans un torrent, je me sentais vivre pour la première fois. L’impression qu’un événement important de mon existence se déroulait et je ne voulais pas que ça s’arrête.

Et puis ce fut le « sha la la », assis sur son tabouret, il chantait ses vers poétiques d’une absolue beauté et il parlait de révolution, et puis le voilà debout sur le tabouret criant de toutes ses forces, de toute son âme. Il donnait l’image de celui qui donne sans restriction, sans retenue aucune. Sa beauté d’artiste n’avait aucun égal dans mes pensées et je buvais ses hurlements jusqu’à un coma éthylique de bonheur. Ensuite il sortit de scène. Pas de rappel, il avait tout donné. Dans le public, le « sha la la » résonnait dans tous les cœurs et dans toutes les bouches. Il avait suscité une magie qu’aucun de nous ne voulait laisser s’envoler, il nous avait donné un endroit où les soucis n’existaient pas. Une demi-heure durant, nous chantions des mots d’une tristesse nauséabonde avec une joie infinie.

Aujourd’hui, je me rends compte de influence de cette soirée et de cet homme sur ma vie et en particulier sur ma poésie.

Aujourd’hui, mes mots sont en berne et je m’habille de noir.

Aujourd’hui un poète s’en est allé.

Aujourd’hui, j’honore son nom et sa révolution.

LG Janvier 2010

L’insoutenable remord

 

Les toits sont là,

Se grimpant les uns sur les autres,

Le rouge se fait distinct,

Un décor hypnotique.

Le ciel est là,

Annonciateur d’une brume.

Des mésanges surveillent,

Les suspects sont nombreux.

En bas, la rue.

Pas un bruit ne vient,

Pas une ombre n’éclabousse,

Juste une rue solitaire,

A droite, des avenues,

A gauche, des boulevards,

Mais cette rue est vide,

Je lève les yeux sur cette brume,

Les toits rouges s’effacent,

Un homme à canne fait craquer le silence,

L’attention n’est que pour lui,

Rien que pour lui,

Tout est effraction quand le silence règne,

La canne claque sur le goudron,

Sa lenteur se fait décennie.

Les toits rouges n’existent plus,

La brume se fait grise.

La rue détient un homme à canne,

Soudain il se met en arrêt.

Comme des enfants qui s’en vont,

Le silence se fait soulagement.

Des lampadaires installent leur lumière,

La ville s’éclaire,

Les toits ressurgissent en puzzle,

La brume fait place à la nuit.

En bas la rue et l’homme,

Le regard pointé vers le ciel,

Son sourire s’envole dans les nuages,

A moins que ce ne soit une grimace,

A moins qu’il ne me regarde.

L’homme à la canne reprend sa marche,

La pluie tombe et cache son sanglot,

J’ai vu sa tristesse,

Et dans le miroir de ses larmes,

J’ai vu mes fautes.

LG Janvier 2010

Mes incroyants

Attends un instant, je vais déshabiller mon cœur, si tu le veux bien.

Mis à nu et sans effluve de tendresse, me voilà devant vous.

Dans un coin, dans un autre monde, dans une autre sphère,

Des traîtres accomplissent leur travail d’incroyance.

La religion de soutien qui baise la main de celui qui tente et espère.

Source polluée où plus personne ne nage, où je ne plonge plus.

Le crime se fait dans une absence de mot et dans une invisibilité d’esprit.

Ne pas chercher des piliers qui ne portent pas, ou plus.

La mort me guette sur le mur des lamentations de poète.

A genoux comme le cœur d’un fidèle, j’aboie comme un chien,

Sur fond de complaisance, mon écho se brûle au soleil

L’empereur que l’on nomme fataliste achève de me dissuader,

Le silence a parlé, synonyme du désintéressement.

L’insignifiance a construit ma désespérance,

J’admets mon imperfection et ma morale imperturbable,

Je grimace sur la modernité et ses devoirs.

La partition infernale que joue mon entêtement

Exprime le rejet du totalitarisme de ces coutumes dépassées.

Mille piqûres sur mon dos saignant agitent ma douleur,

Bientôt ils auront mon cœur, la défaite peut venir de n’importe quel coté.

Je m’adosse comme une bête meurtrie sur le rocher en forme de croix,

Les yeux mi-clos, les bras bringuebalant, les joues en sueur de larmes.

Les autres gagnent quand l’insignifiance est l’arme.

Leur victoire n’a d’égal que mon impuissance

Involontairement, ils me plongent dans le coma du doute,

Les vérités sont lourdes de conséquence et j’enclenche ma vengeance

Ma colère érige le mur de l’éloignement,

Séparation du monde de l’incompréhension et de celui de mes mots

Le dialogue a péri dans le bombardement du silence,

J’atteste un embargo de critiques et d’indifférences

Et je me retourne dans un aveu d’éternité vers d’autres cieux.

Ils sont mes incroyants, les infidèles de mes envies,

Les voilà responsables de ne pas savoir ce que je suis,

De ne pas tenter une approche, de ne pas violer leurs principes,

Ils vivent dans le règlement des anciens, arriérés dans des critères obsolètes.

Aucun espoir ne me berce, tout en eux m’éloigne d’eux,

Mes incroyants ont affirmé leur sentence, le silence.

Mais il est des faiblesses qui engendrent des vérités,

Celle d’ériger un nouveau chemin parsemé de pensées,

De s’engouffrer sans concession pour ne se nourrir que de plaisir.

Me voilà vinyle qui tourne et chante une musique d’élégance,

Sur le pont du bateau de mes rêveries un horizon s’offre à moi,

Dans la jungle où mes décors affûtent mes personnages,

Exclamation ultime qui fait virevolter ma passion.

Alors c’est là, dénoyauté de ma naissance, que j’achève mes histoires.

Pour tous ceux qui sont dans le baluchon de mon univers.

Ils sont mes étoiles, ceux qui brillent quand il fait si noir.

Ils sont présents, dans la gravitation de mon imagination.

Ils sont mon encre quand mes lignes sont à sec.

Sur fond de curiosité ils s’accaparent mon paradis.

Je vois dans leurs yeux une lueur qui subrepticement me plonge

Dans les océans de félicité qui annoncent mon bonheur.

La jouissance du plaisir de me lire me fait exister.

Ils impriment ma persévérance et façonnent mes romances.

Dans un avenir aux ombres denses, on s’accompagne,

Les doutes dans la poche et la peur aux lèvres.

Ils sont mes croyants, mes porte-plumes,

Leurs questions me font traverser des océans,

Leurs critiques me font gravir de hautes montagnes,

J’avance dans le clignement de leurs yeux.

Je m’offre sans vergogne à tous ceux-la,

Je me donne pour ceux qui reconnaissent mon existence.

Je suis nu, sans effluve de tendresse, devant vous tous,

Dans un instant, je rhabillerai mon cœur pour en finir avec mes incroyants,

Car je suis poète et écrivain, mes croyants me l’on dit.

LG Décembre 2009

Une année à jamais.

Une nouvelle année se pose sur mon visage.

Une étoile se meurt dans mon ciel,

Et ses poussières se posent sur mon âge.

 Alors que ma révolution s’éveille.

Un réfugié du nom de lassitude

Porte une exubérance dans son dos,

Une maladie dénuée de gratitude,

Une passion qui se met en repos.

Elle a en son sein un pluralisme

Qui brûle dans des cheminées,

Néantiser une philosophie et de son cataclysme.

Pour récupérer notre essence innée.

Divergence du mot liberté,

Esprit du plus que possible,

J’entends un frôlement de fierté,

Qui caresse mon être risible.

Jouer avec ses propres tendances

Pour rendre la partition plus exacte.

Vivre avec le répertoire de ses expériences,

C’est jouir d’une clairvoyance intacte.

Année nouvelle qui décidera de mon futur,

Je livre à mes peurs et à mes craintes

Des vœux de mort et des mots d’injures,

Qu’ils soient dans mon cœur, mes défuntes.

LG décembre 2009

Ordure de noël

 Revoilà ce noël de pacotille qui engendre l’allégresse du tout puissant sur terre, l’homme.

Revoilà cette fourberie aveuglante qui balance des gros hommes rouges à chaque coin de rue.

Revoilà cette escroquerie de marchands qui marchandent et qui marchandent encore.

On assiste à l’incitation à l’achat, on oblige aux dépenses, on ordonne la ruine.

On assiste à la célébration du ridicule qui consiste à offrir par devoir.

On assiste à la supercherie d’un jour où tout le monde doit être heureux.

Souvenez vous que l’excès est la mort de notre terre, noël en est un poison.

Souvenez vous que tout est superflu, que tout n’est pas nécessaire.

Souvenez vous qu’il y a eu un avant et que maintenant, rien n’est dit qu’il y aura un après.

Nous ne sommes pas les élus de cette sacrée sainte terre.

Nous ne sommes pas les élus du ridicule, alors que noël…

Nous ne sommes pas les élus, juste des invités.

Le noël d’aujourd’hui doit prendre la route du suicide,

Le noël d’aujourd’hui doit revenir à ses premiers plaisirs,

Le noël d’aujourd’hui doit se restreindre dans une urgence affolante.

Voici venu le retour de ces foules fourmillantes dans ces étalages de la luxure.

Voici venu le cri de ces sapins que l’on frappe à grand coup de hache.

Voici venu le temps des chrysanthèmes pour les rivières naturelles.

Voici venu l’époque du non-retour qui vient après celle du pessimisme.

Noël a vécu dans des offrandes simplistes et joyeuses.

Noël se meurt dans l’excès que l’homme en a fait.

Noël, la dinde est cuite et…je m’assois à table.

LG décembre 2009

Une rencontre

 

Un matin a gelé mon passé,

Les flocons d’une nouvelle neige

Tombent sur mon visage souriant.

Un matin a déposé une présence

Sur ma droite qui était vide

Sans la conscience de son existence.

Un matin a mis le feu à ma joie,

Un embrasement de bonheur,

Les flammes de la surprise m’étourdissent.

Un matin m’a donné rendez vous,

Le soleil m’émerveille et la fraîcheur me réchauffe,

Les mésanges m’envoient aux anges.

Un matin m’a donné le goût du chant,

Habillé de ma gaieté et de ma réjouissance,

Je lance mes jambes vers la découverte.

Un matin l’a amenée à moi,

Sa fraîcheur n’a d’égale que sa beauté,

Je m’emploie à la dessiner dans ma mémoire.

Un matin a fait parler cette nouvelle venue,

Moment étincelant qui transforme

Un hiver en été et la froideur en canicule.

Un matin s’est laissé en héritage

A la mémoire de ces instants

Qui font la grandeur de notre existence.

LG décembre 2009

Je nous regardais

Je nous regardais, dans un de ces instants sans seconde, la photographie qui se déployait face à moi laissait paraître des sourires d’une perfection sans teinte, d’une plume qui coule de source. J’aplatis la feuille d’une nouvelle apologie, la nôtre. Je nous regardais veiller à ce que le moment soit une unicité dans un temps imparti de notre vie, qu’il soit dans notre inconscience, une unité sur l’échelle du bonheur simple et que dans un coin de nos existences se déchaîne les souvenirs presque imperceptibles, presque usés par le temps, mais dithyrambiques à l’instant de se le remémorer. Je nous regardais à l’individuel, derrière ces sourires de quiétude se trouvait la pathologie d’un être a part entière, une nécrologie que nous portions, sans ombrage, sans une plume, elle dévorait certaine bribes de nos pensées, oui, les secrets que chacun de nous laissait sur le porte manteau étaient lisibles sous le masque des rires. Mais cette seconde, cet éclair de plaisir sans vice, quelle est sa nature, d’où vient cette sensation d’apesanteur, qui inexorablement nous entraîne dans un tumulte, dans un pétillement, dans une caresse toujours plus douce, toujours plus tendre ? Quelle est cette position où, mélancoliquement, nous nous donnons l’un à l’autre sans contact physique, sans l’ombre abjecte d’une arrière pensée ? Je nous regardais dans une méditation théorique fastidieuse, complexe, peut-être d’une envergure plus imposante que le reste des sentiments que l’homme est capable de ressentir. L’affection d’un être pour un autre être est elle le fruit de ce tableau ? Il faut le croire et l’espérer, mais sorti de cette peinture, quelle valeur aura cette affection ? Est-ce important ? Je suis partisan de clamer que la véritable importance n’est pas l’affection de fin ni du début, la véritable survie d’une sympathie est de vivre dans une passion terrible, dans une tempête de petit tout, l’absolu tout dans un instant éphémère. Je nous regardais, souriant avec éclat, comme dans un duel où le temps affronte l’éternité et que lorsque le rideau tombe, le temps tombe dans un brouhaha retentissant, vaincu, reposant dans un cimetière de la vie.

LG Juin 2008

Les visages de pierre.

Parfaitement dénudée,

Elle s’expose comme un tableau.

De mon doigt fragile,

Je fignole un poème.

Sur un monticule de vieillesse,

L’ampleur d’une grandeur

Fait exploser mon ardeur,

A immiscer mes yeux

Dans chaque interstice,

Dans chaque fêlure.

De ces temples aux visages.

Un amour me vient,

Comme une gifle à un nouveau né,

Je pleure de plaisir.

Une main sur une pierre,

Sentir en moi une époque,

Faire vivre dans mon corps

La richesse de ces lieux divinatoires.

Une musique distille un air de fête.

Tout autour de moi des danseuses

Exécute des gestes de grâce.

Le regard vague et la mine mélancolique,

Je les peins de toutes les couleurs,

Une esquisse sans défaut

Qui me rend fou.

Un tournis m’emporte.

Des siècles me passent dessus.

Je vois ces éléphants,

Une cohorte de mastodontes

Barrissant comme des rois,

Sacralisés comme des dieux.

Je dérive dans le pantois,

Je veux rester ici,

Ne plus bouger,

Voir ma mort

Dans les yeux de ces pachydermes.

Les visages de pierre n’ont pas bougé.

Ils sont plus beaux qu’à mon premier regard.

Je veux tous les admirer,

Contempler le moindre détail.

Dans une galerie majestueuse,

Je discute avec un dieu à tête d’oiseau.

Dans le lointain d’une forêt,

Une guerre enflamme les cocotiers,

Se battre pour le bien,

Se défendre du mal.

Qu’en pense ce personnage à plusieurs bras

Qui se dresse auréolé de plusieurs ombrelles ?

Le soleil s’incline.

Vaincu par le crépuscule

Qui s’abat sur ces visages de pierre,

Je m’en retourne ébloui,

Reprenant le chemin de mon ordinaire,

Mais qui ne sera plus jamais vraiment ordinaire.

LG Décembre 2009

 

Le doute.

 

Elle a mis mon coeur au creux de ma main,

et j’avais de la peine d’être sans lendemain,

une auréole en tête, les ailes déployées,

j’entends sonner les cloches qui appellent le matin,

une petite mort que la croix prend pour témoin,

j’ai une âme en peine,

un vague à l’âme morose,

j’ai la mélancolie des euphories d’antan,

une parenthèse s’offre à mon chagrin,

et j’ai vu le pire sur fond de satin,

une bête traquée par la nostalgie,

le règne d’une absence que rien ne comble,

j’ai vu dans le clair d’un matin bien trop noir,

que les ténèbres s’abandonnent à mes bras,

j’ai suivi le pèlerin seul dans sa marche,

en farfouillant mon âme pour trouver le chemin,

mais il est des impasses, il est des murailles,

infranchissables pour un corps meurtri,

car l’épidémie a fait ses ravages,

distribuant la douleur au fond de mes pensées,

alors je reste sans mot,

alors plus rien,

l’angoisse ronge mes veines,

je suis aveugle sur le fil de l’imagination,

à funanbuler dans le néant des idées,

à grimacer pour chaque syllabe,

je lutte de toutes mes forces contre ces pages blanches,

au creux de ma main mon coeur,

et j’avais de la peine d’être sans lendemain

 

LG Juin 2009

la marseillaise se meurt

  L’étendard est tombé, souillé l’amour de la patrie, fini, plus rien.

Laissez passer la colonne funéraire

Qui s’en va vers des croix de pierre et dites amen au pays.

Il n’existe plus. Le jour de gloire a fait place au jour sombre.

Liberté mon amour, incestueuse et perverse liberté, te voilà grillée, anéantie,

Te voilà chérie du néant. Après tout, tu n’es que poussière.

Enfant mort-née, ton existence ne tient que par des écrits,

Chantée par des révolutions préhistoriques.

Allons enfants de cette patrie,

Sortez vos téléphones portables,

Brandissez vos idées télévisuelles,

Dévorez vos fast-foods

Chantez vos Star académie,

Ne vous faites pas de souci, la patrie s’occupe de vous.

Qui se bat contre la tyrannie ? Pas moi, ni toi.

La voit-on vraiment ? Misérable aveugle que nous sommes.

Il nous faut appeler aux armes, mais je m’en sens démuni.

Seul mes mots me semblent sanglants.

Et encore, qui peut encore l’espérer ?

Entendez-vous ces féroces politiciens qui viennent dans vos campagnes

Égorger vos acquis et anéantir l’avenir de vos fils ?

Comment voulez-vous que mon amour soit sacré

Pour cette patrie qui n’est plus mienne ?

Pourtant, oh grand pourtant,

Il nous fallait embrasser la carrière de nos ancêtres,

Mais un ménage que l’on appelle modernisme a essuyé les poussières

Et nous voila égarés, sans la vertu de nos aînés.

 

 

LG octobre 2009

Ana

Ne pas être patriote est une obéissance à la liberté d’humaniste.

Ne pas être de droite est un acte d’écologie cérébrale.

Ne pas être de gauche est un premier pas vers le socialisme.

Ne pas être sans travail est une chance.

Ne pas être chômeur en est une autre.

Ne pas savoir quoi faire est un aveuglement.

Ne pas se souvenir est un avenir qui n’est plus présent.

Ne pas croire tient du miracle.

Ne pas parler de paix est une réalité.

Ne pas sentir que tout va mal est une paralysie générale.

Ne pas voir le bien est un suicide fataliste.

Ne pas être soumis est une autorité individuelle.

Ne pas être une voix est un citoyen autodidacte.

Ne pas être grand est un faux qualificatif.

Ne pas lire est le premier barreau de notre prison.

Ne pas écouter est un immobilisme de ces rêves.

Ne pas prétendre est une bonne chose.

Ne pas être certain est une terre qui tourne sur elle même.

Ne pas faire est une vie morose.

Ne pas mourir est un cauchemar.

Ne pas finir est un éternel recommencement.

Ne pas être en échec est un ascenseur qui descend.

Ne pas crier sa douleur est une mort qui arrive.

Ne pas souffrir est une vie ennuyeuse.

Ne pas être est une question intéressante.

 

LG octobre 2009

 

 

 

passion terminée

Je suis un gourou aux cheveux roux.

Qui soupire à une poulette,

Aux dents boueuses et soupe au lait.

La pouliche me croit routard.

Au garde à vous devant mes roues,

Elle roucoule et me soudoie.

Époustouflé par sa boulimie de joliesse.

Je la touche de ma bouche.

Elle fait la fine mouche et me repousse.

La pouf sourit et je fais le sourd.

La gourde me fait rebrousser.

Une souche souleva mes souliers.

Je me croûtai dans un rouler boulet,

Étourdissant et douloureux.

Mourant de rire de ma courbette,

Gloussant de mes courbatures,

J’étais à bout, soufflant de haine.

Debout, le regard embouteillé de folie,

Le cou tourné vers cette bouffonne,

Un couteau et mon courage dans la poigne,

Je n’écoute pas son trouble,

Je pousse l’objet dans sa peau moelleuse.

Son sang éclabousse ma blouse.

Elle fait une moue mourante,

Soutirant un cri d’outre-tombe.

La balourde s’écroule comme une palourde.

Accroupi sur la fougueuse,

Je la couvre de baisers étourdissants.

J’épouse ce corps qui ne bouge plus.

Je te dis oui mon amour de toujours.

LG octobre 2009

anamitié

Tu as vu mon incertitude,

je t’ai même fait voir ma naïveté,

pourtant te voilà plus rien,

anonyme pauvre que tu es.

 

J’ai vomi mes premiers excès

dans l’antre de ta jeunesse,

elle n’est pas si loin,

et pourtant…

 

Te souviens-tu de nos ivresse ?

Je me rappelle de ces visages lisses,

de ces yeux qui brillaient,

de ces vies ouvertes, béantes.

 

Un manège de rires,

une complicité joyeuse,

le fossoyeur a tout pris,

a tout emporté.

 

Écoute la musique, pauvre idiot,

écoute mes absences qui se perpétuent,

tu en as gros dans la carlingue,

les saisons fabriquent des anamitiés,

 

Je ne peux plus me retourner,

les couloirs sont étroits,

mon regard aussi,

mon regard aussi.

 

Pardonne moi pas,

je me cantonne dans ma course,

égoïste patenté,

j’en oublie ton ilotisme pathétique.

 

Rien à faire, plus rien à espérer,

fusillons ce qui reste

et retourne dans ta caserne,

je suis d’une autre valeur.

 

Une bouteille à la main,

je perds ma pudeur dans l’ivresse,

fumant à pleins poumons

je porte un toast à l’anamitié.

 

LG Octobre 2009