la marseillaise se meurt

  L’étendard est tombé, souillé l’amour de la patrie, fini, plus rien.

Laissez passer la colonne funéraire

Qui s’en va vers des croix de pierre et dites amen au pays.

Il n’existe plus. Le jour de gloire a fait place au jour sombre.

Liberté mon amour, incestueuse et perverse liberté, te voilà grillée, anéantie,

Te voilà chérie du néant. Après tout, tu n’es que poussière.

Enfant mort-née, ton existence ne tient que par des écrits,

Chantée par des révolutions préhistoriques.

Allons enfants de cette patrie,

Sortez vos téléphones portables,

Brandissez vos idées télévisuelles,

Dévorez vos fast-foods

Chantez vos Star académie,

Ne vous faites pas de souci, la patrie s’occupe de vous.

Qui se bat contre la tyrannie ? Pas moi, ni toi.

La voit-on vraiment ? Misérable aveugle que nous sommes.

Il nous faut appeler aux armes, mais je m’en sens démuni.

Seul mes mots me semblent sanglants.

Et encore, qui peut encore l’espérer ?

Entendez-vous ces féroces politiciens qui viennent dans vos campagnes

Égorger vos acquis et anéantir l’avenir de vos fils ?

Comment voulez-vous que mon amour soit sacré

Pour cette patrie qui n’est plus mienne ?

Pourtant, oh grand pourtant,

Il nous fallait embrasser la carrière de nos ancêtres,

Mais un ménage que l’on appelle modernisme a essuyé les poussières

Et nous voila égarés, sans la vertu de nos aînés.

 

 

LG octobre 2009

Ana

Ne pas être patriote est une obéissance à la liberté d’humaniste.

Ne pas être de droite est un acte d’écologie cérébrale.

Ne pas être de gauche est un premier pas vers le socialisme.

Ne pas être sans travail est une chance.

Ne pas être chômeur en est une autre.

Ne pas savoir quoi faire est un aveuglement.

Ne pas se souvenir est un avenir qui n’est plus présent.

Ne pas croire tient du miracle.

Ne pas parler de paix est une réalité.

Ne pas sentir que tout va mal est une paralysie générale.

Ne pas voir le bien est un suicide fataliste.

Ne pas être soumis est une autorité individuelle.

Ne pas être une voix est un citoyen autodidacte.

Ne pas être grand est un faux qualificatif.

Ne pas lire est le premier barreau de notre prison.

Ne pas écouter est un immobilisme de ces rêves.

Ne pas prétendre est une bonne chose.

Ne pas être certain est une terre qui tourne sur elle même.

Ne pas faire est une vie morose.

Ne pas mourir est un cauchemar.

Ne pas finir est un éternel recommencement.

Ne pas être en échec est un ascenseur qui descend.

Ne pas crier sa douleur est une mort qui arrive.

Ne pas souffrir est une vie ennuyeuse.

Ne pas être est une question intéressante.

 

LG octobre 2009

 

 

 

passion terminée

Je suis un gourou aux cheveux roux.

Qui soupire à une poulette,

Aux dents boueuses et soupe au lait.

La pouliche me croit routard.

Au garde à vous devant mes roues,

Elle roucoule et me soudoie.

Époustouflé par sa boulimie de joliesse.

Je la touche de ma bouche.

Elle fait la fine mouche et me repousse.

La pouf sourit et je fais le sourd.

La gourde me fait rebrousser.

Une souche souleva mes souliers.

Je me croûtai dans un rouler boulet,

Étourdissant et douloureux.

Mourant de rire de ma courbette,

Gloussant de mes courbatures,

J’étais à bout, soufflant de haine.

Debout, le regard embouteillé de folie,

Le cou tourné vers cette bouffonne,

Un couteau et mon courage dans la poigne,

Je n’écoute pas son trouble,

Je pousse l’objet dans sa peau moelleuse.

Son sang éclabousse ma blouse.

Elle fait une moue mourante,

Soutirant un cri d’outre-tombe.

La balourde s’écroule comme une palourde.

Accroupi sur la fougueuse,

Je la couvre de baisers étourdissants.

J’épouse ce corps qui ne bouge plus.

Je te dis oui mon amour de toujours.

LG octobre 2009

anamitié

Tu as vu mon incertitude,

je t’ai même fait voir ma naïveté,

pourtant te voilà plus rien,

anonyme pauvre que tu es.

 

J’ai vomi mes premiers excès

dans l’antre de ta jeunesse,

elle n’est pas si loin,

et pourtant…

 

Te souviens-tu de nos ivresse ?

Je me rappelle de ces visages lisses,

de ces yeux qui brillaient,

de ces vies ouvertes, béantes.

 

Un manège de rires,

une complicité joyeuse,

le fossoyeur a tout pris,

a tout emporté.

 

Écoute la musique, pauvre idiot,

écoute mes absences qui se perpétuent,

tu en as gros dans la carlingue,

les saisons fabriquent des anamitiés,

 

Je ne peux plus me retourner,

les couloirs sont étroits,

mon regard aussi,

mon regard aussi.

 

Pardonne moi pas,

je me cantonne dans ma course,

égoïste patenté,

j’en oublie ton ilotisme pathétique.

 

Rien à faire, plus rien à espérer,

fusillons ce qui reste

et retourne dans ta caserne,

je suis d’une autre valeur.

 

Une bouteille à la main,

je perds ma pudeur dans l’ivresse,

fumant à pleins poumons

je porte un toast à l’anamitié.

 

LG Octobre 2009

des nouvelles de mes nouvelles

Bonjours à toutes et tous,

J’ai annoncé régulièrement ici quand je finissais une nouvelle, validant un processus d’écriture. Voici un petit récapitulatif de écrits qui sont disponibles :

La frontière des adieux (nouvelle – janvier 2009)

La journée pas si ordinaire d’un homme qui erre dans l’enfer des rues et ces trottoirs et ces couloirs de métro qui l’ont rendu amnésique et alcoolique.

Le blanc et le noir (pièce de théatre – mars 2009)

La confrontation de deux hommes sur un jeu d’échec et sur l’esprit sur fond d’une tragédie de la conscience à l’inconscience.

Ne m’en veux pas (nouvelle – mai 2009)

« Oui je l’espérais, sans pour autant lui avouer mes sentiments, de peur que ce lien sacré qui nous unissait ne fondît au soleil de mes révélations. Mais qu’importe, en ces années d’innocence, je laissais l’avenir décider de mon amour. Car en mon for intérieur, j’étais persuadé qu’elle partageait les mêmes idées, les mêmes sentiments, la même envie de voir nos vies à jamais reliées dans l’acte sacré qu’est le mariage ».

La photo (nouvelle – août 2009)

Un homme se réveille croyant à une journée ordinaire, mais une lettre comportant une photo de sa femme vient changer la ligne parfaite de ses habitudes et le plonger dans une intrigue bouleversante.

Le pays des lapins (nouvelle – septembre 2009)

Les au-revoir d’un homme, ses tristesses, ses joies et ses rancoeurs, tout ceci sur fond de sa propre mort au grandes étapes de sa vie.

En temps de joie (nouvelle – septembre 2009)

La superposition de deux êtres dans une journée ordinaire de leur quotidien. Le jour et la nuit, le bien et le mal, de nombreux éléments qui font de la perception de deux hommes un univers individuel.

La question (nouvelle – octobre 2009)

Quelles certitudes avons nous sur les autres ? Être heureux est-il un sentiment que l’on peut déceler sur les autres ? Doit-on poser ces questions en sachant que l’on peut devenir fou à chercher une réponse ?

 

Si vous souhaitez recevoir des copies, pour vous ou pour faire circuler, commandez les moi !

La volonté de vivre ma passion et de percer dans le monde de l’écriture à pris une grande place dans ma vie. Mais comme toute chose sur ce vieux monde humain, l’argent est une barrière qui peut empêcher de me faire connaître. Voilà pourquoi je propose à tous ceux qui ont le désir, l’envie, le fanatisme (j’en fais trop, là ?) de me lire, de participer, à votre bon gré, aux frais d’impression, d’envoi, de participation à des concours etc.

Avec ce geste, non seulement vous m’aidez financièrement, mais vous m’apportez aussi un soutien moral qui très important à mes yeux, en complément des encouragements sur mon écriture qui m’ont beaucoup touché.

Ludovic Geffroy

 

 

la normalité et notre image

Qui je suis ? Tu me le dis avec ton exactitude. Je ne travaille pas. Quelle erreur, quelle faute. Qui je suis pour prétendre ne pas contribuer à l’effort de la nation ? Fainéant, criminel de notre société, mécréant des valeur établies. J’autorise les insultes sans une once de violence. Je crève dans l’inaction, dans une absence volontaire de réaction. Peu importe, je me déporte dans des camps contestataires. Un trublion de je ne sais quoi, une parure insoutenable de l’oisiveté. La vie normale m’est demandée, réclamée, implorée. C’est un devoir, une obligation. Qui ose se mettre devant les institutions va à l’encontre de la normalité exigée. Car on exige de ma personne une devanture que l’on appelle image. L’image doit se véhiculer par cet acte qui consiste à suer pour survivre et engraisser des taureaux. Fais moi voir tes mains, je te dirai qui tu es. La normalité est un mot qui se range dans la caisse qui contient la haine, le mensonge, les compromis. C’est un mot violent, terrible pour celui qui l’emploie. Il tue mais sa mort se fait à petit feu, dans d’atroces douleurs. Il nous fait acheter une maison puis nous la décorons. Il nous fait faire des enfants puis nous les élevons. L’image de notre personne se doit de rentrer dans la normalité que l’on nous impose. J’ai fauté et je n’existe plus. J’ai trahi et je suis banni. Je n’existe plus, la mort a enterré mon reflet et mon ombre. J’exerce mon talent de pas-comme-tout-le-monde dans des parenthèses que j’ai fabriquées.

Mais alors que je marche sur le coté gauche des lignes que l’on tracées pour moi, je me sens regardé, je me sens épié et déjà je sais qu’il me faudra reprendre le chemin de l’ordre. Ma longue souffrance pour faire naître une semi-liberté va disparaître. Les funérailles de ce nouveau-né se feront sur l’étang calme et plat de mes souvenirs. Tout a une fin, rien n’est infini, je reprends ma route avec un boulet au pied et je suis le troupeau en beuglant la même mélodie que tous.

 

LG septembre 2009

une histoire de grenouille

Expérience 1

Attrapez une grenouille vivante.

Faites chauffer une casserole d’eau.

Lorsque l’eau bout, jetez la grenouille vivante dans l’eau.

Résultat : la grenouille saute aussitôt hors de la casserole et se sauve.

Expérience 2

Attrapez une grenouille vivante.

Mettez la dans une casserole d’eau froide.

Allumez le feu sous la casserole et portez à ébullition. .

Application

Partie 1

Lisez cette liste de questions au sujet de la grippe A (porcine, H1N1), Plus d’infos »

le tango

 Une femme,

les hanches envoûtées,

son pied tape le parquet,

la musique s’enflamme,

ses pieds frappent le bois,

la robe voltige,

la salle s’envole,

les courbures de son corps s’embrasent,

tous valdingues dans une rythmique affolante.

j’en perds mes yeux,

ils sont ailleurs.

en avant pour se faire aimer,

en arrière pour se faire désirer,

elle tourne et se retourne encore.

son feu m’anime,

je deviens fou,

la voir me transperce,

l’épidémie se propage.

ses talons claquent,

le sol résonne,

sa grâce relève de la divinité,

elle est une déesse volcanique,

qui brûle à chacun de ses gestes.

elle touche du doigt un érotisme,

qu’il ne m’est pas permis de dessiner,

je ne peux le penser,

il m’est impossible de le rêver,

elle est intouchable,

irrespirable.

elle voltige inlassablement,

la piste s’agrandit,

le galbe de ses jambes,

ne cesse de s’allonger.

je suis à genoux,

frappé par sa beauté,

assommé par sa magie,

je n’en peux plus,

je suis à bout.

Elle se répand sur la ville,

elle danse sur le monde.

Je cours,

la suivant au bout de tous.

je veux être son partenaire,

dansant à chaque battement de son coeur

je veux être son effigie,

prenant la posture de la dévotion,.

Me figeant dans son bien être.

 

 

Un homme

Ombre contre ombre,

ma main a pris la sienne,

une nouvelle musique commence,

les décibels voluptueuse,

grimpe le long de notre chair,

comme une caresse.

On sent les prémices d’un départ,

le tempo traverse nos oreilles,

je guide se qui est me ravissent,

je porte se qui est mon passé,

je fait virevolter,

j’emmène mon future,

le temps n’existe plus,

il est une équation de mon amnésie.

Sur la piste,

la virtuosité de deux âmes,

qui sont des artiste de l’amour.

Les murs n’existent pas,

pour danser sur les horizons.

Bleu ou gris,

les couleurs sont toutes belle.

Je serre ma lune,

je gravite autour d’elle,

contemplant,

admirant,

aimant.

Mes doigts se posent sur elle,

sur ce corps que je désirs tant,

un orage me bouleverse,

un ouragan me submerge,

je n’y voit plus rien,

tout est flou,

la pluie tombe dans ma tête,

comme les applaudissement d’un public,

je divague,

je suffoque.

Sa poitrine sur mon coeur,

c’est trop beau,

c’est trop merveilleux,

je sens ces cuisses me frôler,

faisant naître des frissons.

Elle me touche,

je deviens un déluge,

un raz de marée.

Une atmosphère chargé de jouissance,

annonce une fin,

ou les notes vont mourir,

pour donner vie au silence,

je ferais de ce final,

un renversé passionnelle,

pour recevoir mon plaisir,

pour donner mon amour.

 

A ma femme.

 

LG Septembre 2009

l’instant de gloire

Deux hommes,

face à face,

ils se tiennent en respect,

pas un mot, pas un bruit,

des poussières flottent,

la sueur coule,

des mains s’agitent.

le temps est suspendu,

c’est un instant qui ne va pas durer,

attendre le moment,

atteindre ce qui est fatidique.

dehors il fait chaud,

tout est lourd,

les paupières ne sont plus papillon,

les cheveux volent dans les airs,

des spectateurs gigotent la tête,

retenant leur souffle.

le tableau se peint,

tout est en place,

rien n’est au hasard.

un croque mort passe,

sa journée sera riche.

la seconde arrive,

les yeux se rapprochent,

ils se touchent.

ils hésitent,

la peur du geste,

la peur de perdre,

l’horloge a tourné,

un homme est tombé.

LG Septembre 2009

le savoir triste

La douleur sonne ces migraines,

et je sais que l’heure de sa venue viendra,

je sais déjà qu’une fin m’attend,

je sais tous ça.

On prétend que le coeur se fige,

et je sais que mon dernier battement viendra,

je sais pertinemment que la peur m’accompagne,

je sais tous ça.

A trop mûrir mon corps va pourrir,

et je sais que l’heure des rides est annoncée,

je sais que rien ne subsiste,

je sais tous ça.

J’ai vu le mal agir,

et je sais que je suis trop faible,

je sais qu’il ne sert à rien de lutter,

je sais déjà tous ça.

La faim se perd et la soif s’oublie,

et je sais que mon squelette apparaîtra,

Je sais l’insignifiance de tout,

je sais tous ça.

Combattre le réel pour ne pas tomber dans l’irréel,

et je sais que mon regard en sortira fatigué,

je sais l’angoisse qui m’habite,

je sais tous ça.

On prétend vivre en amnésie,

et je sais que tout nous rattrape,

je sais ce qu’est la décadence,

je sais tous ça.

L’homme s’allonge dans la souffrance,

et je sais mes turpitudes,

je sais que mon nom approche

je sais tous ça.

 

LG Septembre 2009

Nouvelles Nouvelles

La 3ème nouvelle de Ludo est disponible, la 4ème est en cours de finalisation. Commandez vos exemplaires !

Participation libre.

l’homme et la page blanche

Un jour, un homme me présenta une page blanche qui était collée à son dos. L’homme m’était inconnu. Pourtant il me dit :

  • Je vous présente une page blanche qui ne demande qu’à se remplir de lettres ou de mots. Choisissez !!!

  • Ma foi, je n’ai pas pour habitude de remplir des pages blanches que je ne connais pas.

  • Ne vous inquiétez pas, elle n’a pas pour habitude de se laisser écrire.

J’étais rassuré. J’étais sur le point de souiller cette feuille blanche quand je lui dis :

  • Mais pour quelle raison cette feuille se laisserait-elle manger par ma plume sur votre dos ?

  • C’est une page qui n’a plus d’attache.

  • Elle a votre dos.

  • On porte tous un fardeau. Le mien c’est de porter cette feuille avec vos lettres ou vos mots.

Je pensai, en mon for intérieur, que tout ceci de menait à rien et qu’il fallait mettre un terme à cette conversation

  • Si vous ne marquez rien, cette page sera déchirée en multiples morceaux qui s’envoleront avec la grâce du vent. Vous avez le don de lui donner la vie éternelle.

Mon rôle, tout nouveau, m’envoyait dans un univers céleste et je prenais ma plume pour un objet divin.

  • Mitraillez cette blancheur comme si on arrachait vos entrailles. Faites de cette clarté, immaculée de virginité, un assemblage de mots qui ne veulent rien dire, ou peut-être pour vous, ou pour elle, ou pour eux, ou pour moi. Cela n’a aucune importance. Inspirez l’air et laissez votre inspiration se dégourdir sur cette île déserte qui ne demande qu’à être foulée.

Je me mis à dessiner des lettres puis des mots. Je gribouillai des lignes, sans interruption, d’une traite. Quand j’eus finis, cette histoire était écrite. Cette page n’était plus blanche, elle ne m’était plus inconnue et l’homme s’en alla dans mon imagination.

 

LG Septembre 2009

la prophétie des rois

 

 

Ils sont mille devant moi, la prophétie est donc vraie.

Ils sont mille devant moi, j’ai donc perdu.

Bientôt ils me piétineront.

Bientôt ils me désarmeront.

Sans pouvoir je suis mort.

Sans mon pouvoir je vais crever.

 

Ils sont tout un peuple à vouloir ma peau.

Ils sont tout un peuple à me haïr.

Je vais tomber dans ma tombe.

Je vais avaler la terre.

Mon étendard tombe.

Mon monde s’écroule.

 

Mon pays est à mes trousses.

Mon pays est en révolution.

J’ai tant fait pour eux.

Je leur ai tant donné.

Ils veulent renverser le roi.

Ils veulent la tête de l’empereur.

 

De mille en millions, j’ai peur.

De mille en millions, je pleure.

Mon armée anéantie.

Ma famille guillotinée.

Je ne suis pas dictateur.

Je ne suis pas autoritariste.

 

Je suis seul, le couperet est là.

Je suis seul, ma patrie, ma mort.

Au loin un nouveau roi prend place.

Au loin une nouvelle statue est sculptée.

Un bruit sec et glissant me tue.

Un bruit aveugle me ferme les yeux.

 

LG Août 2009

Life is Change

(Version francaise : La vie c’est le changement)

The first day, and this overwhelming question. What am I doing here??? I want to be with my husband, have a home, share everyday life together, get involved in a local community, build long term relationships and commitment. Yet I do want to live the experience at Panya if there is something for me here. Listening to the inner voice that tells me to go back, would it be being true to my intuition that my path is now going in another direction, or would it be running away from the difficulties?

Weeks go by. The life at Panya, the work and the relationship with the community are going very well. Of course, frustration and tension are part of it, but the quality of relationship we want to create and the ability we work on to listen to each others honestly allow us to move towards each other very quickly. Bonds are established, loosen up and tightened. This experience is very inspiring to me, brings me confidence and energy deep inside. Yet, sadness lies in me constantly, preventing me from being fully present.

Suddenly a choice becomes obvious: I will stay an extra month for the natural building internship and will then leave in September instead of November. The fog is lifted, joy settles in, deeply and quietly. Not even knowing why yet, people around me notice the change immediately. I smile, laugh, dance. I am here, now, fully. I then let them know about my decision and they are so glad to see me peaceful and relieved.

This lasts two days before the breaking news on Wednesday: Pierre Bonnet died in the morning. He was the father of the neighbour family with whom we shared a house for 30 years, with whom I therefore lived all my childhood. He left a deep mark on me and lots of my good memories as a child are linked with him. My parents are still very close to them and we keep seing them regularly when we go back there. The funeral is on Monday in France, I have to take a decision very quickly. I feel like going back, it can’t be otherwise. I want to sleep on my decision, and after 4 hours of sleep, the decision is obvious. Staying would leave me unsettled while I feel peaceful inside when considering going back. This is like family, and family is priority number one over everything. Thursday morning, the ticket is bought ; a couple of hours to say good bye and I’m off; Friday I fly; Saturday I’m at my parents’s place in France. I’m shaken by the speed of it all but peaceful regarding my decision.

A week passes by, I’m grounding slowly. This experience in Thaïland without Ludo might have seemed illogical, irrational to many. It was for me too. I just felt I had to do it, deep inside me. Now I know why, two months were enough for it, and I am now ready to settle again in France, lots of change and decisions lying ahead, yet in a state of strength, confidence and serenity.

la vie c’est le changement

(English Version here: Life is Change)

Mais qu’est-ce que je fais là ??? J’ai envie d’être avec mon mari, avoir un chez nous, partager le quotidien, m’impliquer dans un lieu, construire des relations dans la durée. Sans pour autant vouloir passer  à côté de l’expérience de Panya. Ecouter cette voix qui veut que je rentre, est-ce me fier à mon intuition que mon chemin est désormais ailleurs, ou est-ce fuire devant la difficulté ?

La vie à Panya et l’implication dans la communauté se passent au mieux. Certes, frustration et agacement font partie du quotidien, mais la qualité de relation et d’écoute permet d’échanger pour mieux se comprendre et avancer les uns vers les autres à vitesse grand V. Les liens se tissent, se distendent puis se renforcent. Cette expérience me dynamise en profondeur, m’inspire et renforce ma confiance. Pourtant une tristesse reste présente au fond de moi constamment, m’empêchant d’être pleinement présente.

Soudain une option s’impose à moi : rester pour le stage de construction en matériaux naturels et partir en septembre au lieu de novembre. Une chappe se lève, une joie fondamentale et tranquille m’envahit. Sans encore en connaître la raison, tout le monde constate le changement du jour au lendemain. Je souris, je rigole, je danse, je suis là, entière. Je leur fais part de ma décision et tous sont heureux de me voir apaisée.

Et la nouvelle tombe mercredi soir. Pierre Bonnet est décédé. Le père des voisins, famille avec laquelle on a partagé une maison pendant 30 ans, avec laquelle on a grandi et qui a marqué notre enfance. La famille de coeur. L’enterrement est lundi, une décision doit être prise très vite. La balance penche fortement pour rentrer,  mais je veux dormir sur ma décision. Quatre heures de sommeil plus tard, mon coeur me dit de rentrer. Jeudi matin, mon billet est acheté, quelques heures rapides pour des au-revoir intenses avant de démarrer mon périple de 52h. Vendredi je prends l’avion, samedi je suis en France. Chamboulée mais sereine sur ma décision.

Une semaine passe, j’atterris peu à peu. Cette expérience de la Thaïlande sans Ludo a pu paraître dépourvue de sens pour beaucoup ;  je le comprends car même pour moi ce n’était pas rationnel, mais je sentais qu’il fallait que je le fasse. Aujourd’hui je sais pourquoi, deux mois au lieu de cinq y ont suffi, et je suis prête à me réinstaller en France avec force et sérénité.

Stevenson (partie 3)

Voilà le soir du septième jour de marche et alors que nous avons commencé l’aventure à deux, nous voilà embarqués dans une communauté de randonneurs. Tantôt à quatre, tantôt à six, nous cheminons avec la même passion. Le mont Lozère, étape hautement périlleuse, nous entraîne sur les hauteurs du mont Finiel, à 1700 mètres d’altitude. Le point culminant du chemin de Stevenson invite à la contemplation. Enveloppés par des pierres, nous partageons un café à l’abri du vent en flirtant avec l’horizon. Des rires s’envolent et des mots de bien être construisent des conversations. Je suis bien. Que peut-il y avoir de plus heureux ? De l’air pour se sentir vivant, la simplicité humaine pour se sentir optimiste et la nature pour se sentir respectueux.

 

Écrire est un pouvoir qui se développe dans une plénitude riche ou pauvre. Les dernières étapes furent trop intenses pour arracher un mot de mon esprit. Les paysages se font transporter dans des wagons entiers et l’on ne voyait pas la fin de ce train extraordinaire. Une couverture de vert sur des lits de vallée, et nous, traversant les yeux ébahis, le cœur léger et les jambes de plomb. Les kilomètres font leurs châteaux de cartes et les genoux sonnent leurs hallalis. Chaque fin de journée est une fatigue infinie. Sur une terrasse de café, nous fêtons cette fatigue vaincue. Voilà neuf jours que nous crapahutons sur les traces de Stevenson et déjà, mes souvenirs deviennent nostalgie.

 

Le dernier émerveillement du chemin est un gîte. Jonché sur le versant d’une montagne, il nous a fallu faire deux kilomètres dans une jungle de fougères pour le découvrir, il nous a fallu marcher avec la peur d’un sanglier qui rodait, sans nul doute, dans les parages. Mais à la sortie de cette forêt, ce nouveau lieu de sommeil nous offrait un panorama incomparable sur les Cévennes. Sur fond de sirop de sureau, on buvait de la beauté et de la plénitude. Mon épaule me faisait mal et je fumais mon bonheur. La randonnée est une joie qui surprime les malheurs.

 

Saint Jean du Gard, nous finissons ce périple, les yeux brillants et la main dans la main. Déjà, je remémore le chemin parcouru. Nous marchions dans un petit huit heures, des matins sous un soleil sans nuage. Il était des petits déjeuners qui sont des bonheurs intenses, ils donnaient la note d’une journée d’inconnue. Il était des sacs à dos qui détenaient toute notre vie. Il était des personnes qui furent de belles rencontres, des connaissances chaleureuses et vivantes. La fraternité se faisait chemin, elle arborait le sujet hautement philosophique de la nature humaine, auquel il me vient le sentiment de l’optimisme surréaliste. Il était des siestes au bord du Gard. Il était des cigarettes que l’on partage sur des belvédères. Il était des cafés que l’on buvait avec amitié, sur le mont Finiel. Il était des villages du nom de Monvert, qui nous donnaient une envie d’abandon, un désir de respirer ces rues et de faire goûter à notre corps, la limpidité du Tarn. Il était des souvenirs qui s’appellent Florac, qui à vu fleurir dans mes rêves, le chemin de Stevenson. Il était une fois saint Jean du Gard où mon rêve est devenu réalité.

 Fin

LG Juillet 2003

Stevenson (partie 2)

Chaque jour est un nouveau départ, et en cette deuxième étape, nous arpentons les sommets. Des montées incessantes, éreintantes. Un nuage de sueur nous enveloppe, les pas se font lents et le corps se met au ralenti. Chaque faux plat montant nous donne l’espoir de la fin du calvaire, chaque fois que le ciel bleu s’approche, on croit à une sortie certaine. Mais le plus souvent, ce n’est qu’un mirage et comme une moquerie diabolique, la pente se fait plus ardue. Quand les sommets sont, enfin, atteints, les jambes, qui ne désirs qu’un repos, une accalmie ou un chemin plat, que nos forces, mort dans le combat de cette ascension tenterais une résurrection. Malheureusement, derrière les sommets, se sont les descentes vertigineuses qui poussent nos genoux dans des retranchements terribles. Toutes cette journée fut un ascenseur machiavélique, ou le début fut un plaisir ascensionnel, pour finir dans l’absence de regard. Car la douleur occulte tout.

 

Dans la troisième étape, la dureté se fait moindre et on peut se laisser flâner parmi les papillons. Dans ce périple, une spectatrice attentionnée est à mettre à l’honneur. Elle lève sa grosse tête, mâchouille ses brins d’herbe et exhibe son blanc et noir. Parfois, un meuglement nous souhaite la bienvenue, ou peut être un adieu comme pour bien signifier que nous ne sommes que de passage. Les troupeaux sont nombreux sur les versants ensoleillés et même si elles font partie du paysage français, mon visage se tourne vers elles, à chaque moment où une vache croise mon chemin.

Le visage de Pradelle, avec son enfilade de petits immeubles en pierre, fut le plaisir de l’étape. Des rues étroites qui serpentent et se déversent sur deux grandes places. Elles me font remémorer celles de certains villages espagnols, avec en hauteur, sur les fenêtres, du linge qui sèche au vent et des bancs qui attendent les villageois, le soir, quand le crépuscule donne naissance à la nuit.

Notre étape se finit dans une ville. Une ville et ses habitants. Quand on marche et que la nature est notre seule interlocuteur, les voitures et les trop nombreux, nous persuadent de continuer notre chemin. La décision est prise de rejoindre un lac à deux kilomètres en dehors du chemin. Sur une petite hauteur, nous installons les tentes, et face à nous, s’abandonne le lac et ses jeux de lumière. Je le répète, quitte à brûler ma voix, quitte à ne dire plus que ça, la nature apporte la simplicité, il suffit juste de prendre le temps et de ne pas banaliser ce que nos yeux nous apportent.

 

Les jours se faufilent dans une finesse esquisse. Ce chemin, depuis deux jours, me donne un goût de plaisir absolu. Une nouvelle ambiance est née. Une amitié de randonneur a pris ses pas sur le chemin et tout me rappelle au bon souvenir de saint Jacques de Compostelle. L’esprit du marcheur se retrouve toujours dans la difficulté. La douleur se partage et ensuite quand elle passe, le plaisir reste. Le plaisir du sourire qui se transforme en rire. Le vin sur la table ou la bière sur le comptoir, tout est joie. De verre en verre, on amène les repas et on se voit prendre un café. Vivre dans la marche, c’est se sentir inconnu aimant l’inconnue.

 

Stevenson (partie 1)

 

L’accueil se prénomme le ciel, car la route que l’on emprunte pour pénétrer dans la ville, donne à mes yeux, le panorama bouleversant de plusieurs monuments juchés sur des sommets. Sur une route qui écrit des « s », le nez en l’air, les monuments nous donnent le tournis. Un bijou de pierre se dresse sur un rocher et nous laisse pantois. Comme un éclair, il nous foudroie de beauté et nos yeux, hypnotisés par cette grandeur et cette prouesse, se laissent bercer par des siècles d’histoire.

Cette chapelle, qui par deux fois s’est laissée déshabiller pour mes yeux, m’offre sa nudité et mon vertige est grand. Tout pousse à l’admiration, tant de virtuosité laisse les pensées s’abandonner à l’imagination. Comme sait tant le faire la nature, un rocher se dresse en intrus au milieu d’un paysage citadin. Cette chapelle, accouchement de la dévotion de l’homme, fait de ce lieu, l’accouplement de la nature et de l’un de ces enfants, l’homme.

Mes pas se font petits,  mes gestes  sont lents et peu nombreux, les ombres nous enveloppent et des rayons de lumière se déposent délicatement sur les pavés. On vit dans un ralenti pour ne pas fracasser cette atmosphère mystique. C’est une soumission au silence, une soumission volontaire, une soumission vitale.

 

Puis ce fut le départ, dans le tout petit matin, on plie la tente et on se débarrasse de la voiture. Nous voilà démunis de tout. Mes jambes se font sauterelles et mon sac à la légèreté d’une plume. Le froid du matin file vers d’autres matins et la ville se tourne vers d’autres souvenirs.

Les premiers contacts du chemin nous saisissent de leur dureté. Les pentes sont abruptes, caillouteuses, parfois sans ombre. Rien n’est facile, mais tout est à gagner. Les arrivées sur les sommets sont, comme à chaque fois, des contemplations sur l’immensément grand. Une nature bosselée, une nature verdoyante et vivante. Cette première étape, nous a fait traîner les jambes sur dix neuf kilomètre vers « le Monastier », véritable départ de Stevenson. Éreinté par l’effort, une sueur torrentielle coule sur un corps fatigué, la conviction que la route sera dure et éprouvante. Cependant la rivière qui campe en contre bas de nos tentes, apporte son lot d’énergie et de courage. Déjà, l’envie de reprendre la route fait fourmiller mes pieds et active le feu de ma passion.

 

LG Juillet 2009

l’égarement

Nous étions dans cette rue mon amour.

Souviens toi une pluie mouillait nos regards.

Il régnait une odeur de fleur,

que les balcons supportaient avec aisance.

Les façades blanches colportaient une lumière,

qui pénétrait les cœurs des passants.

Et toi dans un sourire de tendresse,

tu laissais mes mains essuyer ton visage.

La rue avait ses chats qui rentraient mouillés,

et des enfants riaient de leurs pieds trempés.

Les commerçants faisaient vibrer leurs serrures.

On fermait les devantures ou plus rien n’était à vendre.

Quelques bars exposaient leurs terrasses,

où des visiteurs alléchés par une odeur de bière,

trinquaient sur des mots et parlaient à des verres.

L’eau tombait sur nos visages.

D’ailleurs elle ne tombait que sur nous.

Des volets grinçaient, on devait dormir dans les chambres.

Deux mains se touchaient et s’embrassaient.

Des rires de gouttière appelaient à la joie.

Pourtant il pleuvait toujours sur nous.

Un nous qui ne tenait que par le fil d’une main.

La rue déserte amenait son lot de silence.

Nous n’entendions que le clapotis des gouttes

Qui rebondissaient sur nos corps mouillés.

Soudain les regards s’emballaient.

Ils devenaient l’éclair qui allume des feux.

La nuit était là, qui avait pris ses quartiers,

dans une violence terrible.

Et puis la pluie s’était arrêtée.

Les réverbères s’allumaient.

Et je ne voyais plus rien.

Seule une rue vide, avec son étroit couloir,

palabrait avec mes yeux.

Je suis rentré au loin.

Marchant, titubant comme un ivre mort.

Il est parfois vrai de dire,

qu’il faut arrêter son coeur,

pour espérer ne plus souffrir.

 

LG Juillet 2009

un jour de solstice

Ma belle,

laisse moi vivre ces quelques mots qui te disent  je t’aime.

Tu es loin de moi mais si présente.

Et je vis dans des dimanches.

Ma douce,

tu es là-bas et les kilomètres sont mes sanglots,

je vibre dans ton intensité,

une extase sans limite qui monte jusqu’à me briser,

ma tendresse,

le temps me meurtrit,

la blessure de ta main sur ma peau,

le soleil de tes yeux qui crée mon ombre,

tout a ton odeur qui me laisse mourir dans la solitude,

ma muse,

les cloches ont sonné pour notre amour,

mon coeur en font leur écho,

moi qui se fait le deuil d’une absence passagère,

moi qui se meurt de ne pouvoir te serrer dans mes bras,

mon coeur,

je vis par le regard d’une rose,

qui s’exhibe avec le vent,

un pétale voltige dans un va et vient avec l’air,

immobile je le regarde tomber,

le rosier est somptueux et tu es belle,

mon amour,

je mets mes mains à t’attendre,

sur les routes que je souillerai,

sur les macadams où je languirai,

mes mains se feront les ailes d’un ange,

ma femme,

tu es l’oeuvre que je n’ai jamais écrite,

mais celle qui me fait vivre,

mes mots ne sont pas ceux du poète,

ce sont ceux d’un homme que la chaleur étouffe,

d’un homme qui prêche sur des feuilles blanches,

l’amour que j’envoie à tes pieds.

 

LG Juin 2009