Hier nous sommes allés nous promener sur la côte, et je me suis retrouvée envoutée par la mer agitée. Je me suis assise et suis restée longuement à m’emplir de son ressac, à m’émerveiller de la beauté des vagues se soulevant et s’écrasant sans se lasser et à me laisser envahir de son son magique où plus rien d’autre n’existait. Elle était bruyante et pourtant je me sentais habitée par le silence car aucun bruit ne venait le parasiter. Et j’étais bien.
Le silence fait souvent peur car il est associé à beaucoup d’images négatives (un silence de mort, le silence des agneaux, une minute de silence, la timidité) ou à des interdictions (tais-toi !). Pourtant, silence rime aussi avec présence. Présence à soi, présence à l’autre, présence aux choses. C’est lorsqu’on arrête le tumulte que les petites voix se font entendre. J’en ai fait l’expérience de manière très intense pendant notre voyage en Europe centrale, sans avoir nécessairement à l’époque associé le bien-être et la facilité notamment de prendre les décisions à l’importance du silence dans notre vie à cette période. Depuis, je me suis rendue compte peu à peu à quel point tout est plus facile quand je fais de la place au silence dans mon quotidien. Cela ne signifie pas devenir hermite et coupée de tout, mais des choses très simples comme de ne jamais allumer la télé en bruit de fond ou de ne mettre la radio que si je souhaite vraiment l’écouter, que ce soit à la maison ou en voiture. Et depuis quelques temps, tous les matins je commence ma journée par ving minutes où je reste assise à juste être présente à moi et ce qui m’entoure. Rien de particulier ne se passe pendant ce temps, souvent j’ai même beaucoup de mal à tenir, et pourtant maintenant je me rends compte que ça me manque quand je ne le fais pas.
Une autre intégration du silence passe par me demander si ce que je m’apprête à dire vaut le coup et sinon à me taire. J’ai expérimenté ça récemment, où je me promenais avec une amie, avec laquelle nous passons normalement notre temps à papoter. Et cette fois là, j’avais décidé d’aborder cette balade dans cette attitude de silence, non pour refuser de parler mais pour me forcer à ne pas meubler et au contraire laisser la place à ce que nous avions vraiment à dire. Et des choses vraiment personnelles sont sorties, j’étais impressionnée. Alors le lendemain quand nous avons décidé de retourner marcher, j’ai récidivé, et re-belote ! Depuis j’essaye de poursuivre, même si je n’y arrive pas toujours.
Le silence comme qualité de présence… A apprivoiser doucement.

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