Mes incroyants

Attends un instant, je vais déshabiller mon cœur, si tu le veux bien.

Mis à nu et sans effluve de tendresse, me voilà devant vous.

Dans un coin, dans un autre monde, dans une autre sphère,

Des traîtres accomplissent leur travail d’incroyance.

La religion de soutien qui baise la main de celui qui tente et espère.

Source polluée où plus personne ne nage, où je ne plonge plus.

Le crime se fait dans une absence de mot et dans une invisibilité d’esprit.

Ne pas chercher des piliers qui ne portent pas, ou plus.

La mort me guette sur le mur des lamentations de poète.

A genoux comme le cœur d’un fidèle, j’aboie comme un chien,

Sur fond de complaisance, mon écho se brûle au soleil

L’empereur que l’on nomme fataliste achève de me dissuader,

Le silence a parlé, synonyme du désintéressement.

L’insignifiance a construit ma désespérance,

J’admets mon imperfection et ma morale imperturbable,

Je grimace sur la modernité et ses devoirs.

La partition infernale que joue mon entêtement

Exprime le rejet du totalitarisme de ces coutumes dépassées.

Mille piqûres sur mon dos saignant agitent ma douleur,

Bientôt ils auront mon cœur, la défaite peut venir de n’importe quel coté.

Je m’adosse comme une bête meurtrie sur le rocher en forme de croix,

Les yeux mi-clos, les bras bringuebalant, les joues en sueur de larmes.

Les autres gagnent quand l’insignifiance est l’arme.

Leur victoire n’a d’égal que mon impuissance

Involontairement, ils me plongent dans le coma du doute,

Les vérités sont lourdes de conséquence et j’enclenche ma vengeance

Ma colère érige le mur de l’éloignement,

Séparation du monde de l’incompréhension et de celui de mes mots

Le dialogue a péri dans le bombardement du silence,

J’atteste un embargo de critiques et d’indifférences

Et je me retourne dans un aveu d’éternité vers d’autres cieux.

Ils sont mes incroyants, les infidèles de mes envies,

Les voilà responsables de ne pas savoir ce que je suis,

De ne pas tenter une approche, de ne pas violer leurs principes,

Ils vivent dans le règlement des anciens, arriérés dans des critères obsolètes.

Aucun espoir ne me berce, tout en eux m’éloigne d’eux,

Mes incroyants ont affirmé leur sentence, le silence.

Mais il est des faiblesses qui engendrent des vérités,

Celle d’ériger un nouveau chemin parsemé de pensées,

De s’engouffrer sans concession pour ne se nourrir que de plaisir.

Me voilà vinyle qui tourne et chante une musique d’élégance,

Sur le pont du bateau de mes rêveries un horizon s’offre à moi,

Dans la jungle où mes décors affûtent mes personnages,

Exclamation ultime qui fait virevolter ma passion.

Alors c’est là, dénoyauté de ma naissance, que j’achève mes histoires.

Pour tous ceux qui sont dans le baluchon de mon univers.

Ils sont mes étoiles, ceux qui brillent quand il fait si noir.

Ils sont présents, dans la gravitation de mon imagination.

Ils sont mon encre quand mes lignes sont à sec.

Sur fond de curiosité ils s’accaparent mon paradis.

Je vois dans leurs yeux une lueur qui subrepticement me plonge

Dans les océans de félicité qui annoncent mon bonheur.

La jouissance du plaisir de me lire me fait exister.

Ils impriment ma persévérance et façonnent mes romances.

Dans un avenir aux ombres denses, on s’accompagne,

Les doutes dans la poche et la peur aux lèvres.

Ils sont mes croyants, mes porte-plumes,

Leurs questions me font traverser des océans,

Leurs critiques me font gravir de hautes montagnes,

J’avance dans le clignement de leurs yeux.

Je m’offre sans vergogne à tous ceux-la,

Je me donne pour ceux qui reconnaissent mon existence.

Je suis nu, sans effluve de tendresse, devant vous tous,

Dans un instant, je rhabillerai mon cœur pour en finir avec mes incroyants,

Car je suis poète et écrivain, mes croyants me l’on dit.

LG Décembre 2009

4 Réponses

  1. Bonjour Ludo!
    Je prends enfin le temps de répondre à ton dernier commentaire.
    J’ai essayé d’expliquer le silence de ceux qui ne laissent pas de commentaires mais je vois que je ne t’ai pas convaincu; ce silence est blessant pour toi même si bien sûr et là je parle pour moi, on n’en a pas l’intention.
    J’ai évoqué plusieurs raisons; comme tu m’as répondu, je vais m’expliquer plus personnellement.
    C’est sûr, ce n’est pas facile de donner un avis ( je laisse les critiques aux professionnels) mais moi, ce qui me gêne le plus, c’est que ce soit sur le net.
    J’ai du mal à exposer des choses personnelles sur le net; ce serait plus facile pour moi de t’en parler, d’échanger; je participerais volontiers à la relecture si nous n’étions pas éloignés.
    Voilà pour ma part la principale raison de l’absence de commentaires; je ne dois pas être la seule à en juger par le peu de commentaires sur le blog, à moins que les autres passent par ta messagerie perso?
    Je continue à lire ta prose, j’espère que ton projet avance; as-tu des nouvelles de certains éditeurs?
    Bisous à vous 2 et à bientôt!
    Nathalie.

  2. Je suis ravi que tu ais pris le temps de répondre à ce texte où j’ai ouvert mon cœur en grand. Le fond de ce poème, « Mes incroyants », est une apologie du doute. Celui qui m’emporte après le mot « fin » d’une histoire ou celui qui me terrorise devant une feuille blanche. Cette maladie est terrible, elle soulève la question du pourquoi tout ceci ? Puis-je vraiment prétendre à être écrivain ?
    Et puis j’écrit, encore et encore, parfois dans une transcendance fantastique. Et puis les critiques, qui encensent ma persévérance, m’accompagnent dans des bienfaits nouveaux, m’apportent une aide par leurs remarques positives mais aussi négatives. On s’organise autour de moi pour prendre le temps à la correction, à la relecture, dans un but de parfaire mes œuvres.
    On croit en moi pour un acte qui sort du naturel. Je sais bien qu’il peut se trouver une fin soudaine, une fin insoutenable où je serai mis à bas. Ma persévérance n’est pas aveugle. Si rien ne marche dans ce rêve, alors dans la réalité la chute me sera dur. Mais le risque est un antidote contre l’ennui et je m’y emploie avec toutes mes forces et le soutien de mes proches.
    Je comprends la difficulté d’émettre une critique, qu’elle soit négative ou positive. La peur de blesser est légitime et compréhensible, malgré tout, il est un acte plus blessant que tout autre acte, celui de l’absence de critique, celui du silence. La critique peut effectivement me mettre genou à terre, mais en retour elle me permet de rejaillir plus fort. Alors que le silence me peine et m’oblige à ouvrir mes veines pour faire couler « mes incroyants ».
    Gros bisous.
    Ludo

  3. A la lecture de ton texte, on voit combien c’est important que ton écriture soit reconnue; c’est évident l’écrivain n’existe pas sans lecteur, ceci dit pas de lecteur sans écrivain!!!
    Tu sembles résolu à laisser de côté ceux qui ne croient pas en ton projet et à continuer sous les encouragements des autres et tu as bien raison; on est obligé d’en passer par là pour bien d’autres choses!
    Par contre, si je peux me permettre, je pense que tu dois surestimer le nombre des “incroyants”; ils ne doivent pas être si nombreux.
    Il y a certainement dans le clan de ceux qui croient en ton projet ou qui lui accordent de l’importance des personnes que tu ne perçois pas.
    Il y a sûrement tous ceux qui lisent chacun de tes textes dès qu’ils apparaissent sur le blog, qui y pensent, qui les aiment beaucoup ou moins, qui les comprennent ou pas, qui croient les comprendre….
    Ceux- là ne laissent pas forcément de commentaires mais n’y sont pas indifférents.
    Ils n’interviennent pas peut-être parce qu’ils n’osent pas, parce que ça les dépasse, parce qu’ils se sentent incapables d’écrire un petit texte qui pourrait être lu par d’autres, ou bien parce qu’ils ne se donnent pas le droit d’émettre un jugement, parce qu’ils ont peur de ne pas être objectifs, parce que c’est difficile, parce qu’ils ont peur de blesser par une critique….Enfin, il doit y avoir de multiples raisons qui n’ont rien à voir avec l’indifférence.
    L’essentiel, et ça je pense que c’est gagné, c’est que ton nom est maintenant associé à l’écriture, même si on peut penser que c’est un sacré challenge!
    Enfin, ceux qui sont lecteurs imaginent combien c’est difficile et magique à la fois de partir du néant de la page blanche et du tout représenté par les mots et leur infinité de combinaisons pour arriver à faire vivre des histoires, des personnages.
    C’est difficile et magique, un vrai travail d’artisan….et ça les lecteurs ne le croient pas, ils le savent!!!!
    Sur ces bonnes paroles, je te laisse et je m’en vais…..lire!
    Bisous.
    Nathalie.

  4. salut Ludo,

    j’te lis régulièrement, ici ou sur facebook.

    je ne dis rien d’habitude parce que c’est tellement difficile d’émettre un jugement… surtout dans les premiers moments d’une oeuvre… et alors que je suis moi aussi occupé à forger mon propre style.

    parc’que je sens ta machine bien lancée, j’me permets une remarque : “tu n’es jamais aussi pertinent que quand tu fais simple… quand tu es pret de tes émotions. A l’inverse, je trouve les envolées parfois contreproductives.”

    En disant ça, j’en dit autant sur toi que sur moi… mon propre style se résumant à “Less is more”, une citation attribuée à Miles Davis.

    Voilà, c’est tout… Continue.

    Fred

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